Retour

Dioxine : aide américaine à décontaminer l’aéroport de Dà Nang (12/02/07)

Dioxine : aide américaine à décontaminer l’aéroport de Dà Nang



Les États-Unis étaient prêts à coopérer avec le Vietnam dans la question de la dioxine et les études sur ses conséquences, a déclaré le 9 février à Hanoi l'ambassadeur américain au Vietnam, Michael W. Marine.

"Le gouvernement américain accordera une somme de 400.000 dollars pour mener des études sur la décontamination de l'aéroport de Dà Nang", a annoncé l'ambassadeur américain. Cette assistance technique fait partie du total d'un million de dollars contribué par les gouvernements vietnamiens, américains, le Fonds Ford et certaines autres organisations au projet de détoxication de l'aéroport de Dà Nang, l'un des 3 "points chauds", avec Biên Hoà et Phu Cat (province de Dông Nai). Dans l'immédiat, il faut des mesures concrètes pour minimiser l'expansion du toxique et assainir l'environnement de cette région.

En rencontrant le 9 février à Hanoi la presse nationale et étrangère, l'ambassadeur Michael W. Marine a déclaré que son gouvernement "a compris" les inquiétudes du gouvernement et du peuple vietnamiens au sujet des dangers de la dioxine sur l'environnement et la santé humaine.

Le gouvernement américain "devra continuer d'assister son homologue vietnamien" dans les recherches des conséquences de la dioxine sur la santé humaine. La clé maintenant "est d'obtenir des recherches et analyses aux normes internationales" reconnues par les 2 parties, selon le diplomate.

Encore des obstacles
Selon l'ambassadeur américain, le rapport entre la dioxine et la malformation du corps constitue "un problème discutable". Les États-Unis conservent l'opinion qu'il n'y a pas encore de preuves concrètes prouvant que la dioxine entraîne la malformation humaine. Cependant, un paradoxe, les anciens combattants américains, touchés par la dioxine pendant la guerre au Vietnam, bénéficient d'allocations sanitaires.

Questionné sur la raison pour laquelle les États-Unis ne prennent pas totalement en charge les dépenses de décontamination au Vietnam, Michael W. Marine a fait savoir qu'il s'agissait "d'un casse-tête" pour les 2 gouvernements depuis des années. Cependant, depuis 2001, ce problème a connu une amélioration. Les États-Unis ont collaboré étroitement avec les ministères vietnamiens de la Défense, des Sciences et des Technologies, et des services compétents, notamment dans l'analyse environnementale des zones contaminées, l'assistance technique pour la décontamination, etc. Les États-Unis avaient dépensé près de 2 millions de dollars à la consultation technique, a ajouté l'ambassadeur américain.

Lors de cette rencontre avec la presse, le docteur Lê Kê Son, un responsable du Comité national de pilotage sur le règlement des conséquences des produits chimiques toxiques utilisés par les États-Unis pendant la guerre au Vietnam, a estimé que les relations vietnamo-américaines s'amélioraient de plus en plus. Cependant, dans le domaine concernant la dioxine, la coopération "reste modeste".

Il a souligné : "Nous avons des documents sur la dioxine répandue par l'armée américaine pendant la guerre et leur conséquences sur la santé des Vietnamiens grâce à différentes sources". Une étude du groupe de recherches Stellman (l'Université de Columbia, États-Unis) a indiqué que le volume de dioxine utilisé au Vietnam par l'armée américaine entre 1961 et 1971 était d'environ 100 millions de litres, contre 70 millions annoncés auparavant.

Selon les prévisions, il nécessite au moins 50 millions de dollars pour décontaminer Dà Nang, Biên Hoà et Phu Cat. Le montant destiné aux victimes devrait être beaucoup supérieur. Le ministère vietnamien de la Défense avait demandé aux États-Unis de fournir des plans concrets des sites susceptibles de contenir de la dioxine. "Il ne s'agit pas d’une question trop sensible pour la partie américaine", a fait remarquer M. Son. Et d'espérer que le département américain de la Défense aurait des réponses plus concrètes aux demandes du Vietnam.

La Cour d'appel américaine pour le procès des victimes vietnamiennes de l'agent orange/dioxine contre les compagnies de fabrication chimique des États-Unis devrait organiser une audition le 18 ou 19 juin prochain, selon l'avocat Constantine Kokkoris, chargé des parties civiles. Ce dernier espère apporter gain de cause aux victimes vietnamiennes dont la plainte avait été rejetée en 2005 par le tribunal de première instance.

Du 7 février au 16 juillet, à New York, le photographe japonais Goro Nakamura organise une exposition sur le thème de l'agent orange/dioxine. Le film Dernier fantôme de la guerre serait prochainement projeté dans l'Est des États-Unis.

Bùi Phuong/CVN
(12/02/07)



http://lecourrier.vnagency.com.vn/defaul...