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Recours collectif contre Ottawa

Un groupe d'anciens soldats et de civils canadiens qui disent avoir été exposés à l'agent Orange et à d'autres défoliants à la base militaire de Gagetown, au Nouveau-Brunswick, ont intenté une poursuite en recours collectif contre Ottawa.

Dans leur requête en Cour fédérale du Canada, ils affirment que différentes maladies, comme des malformations congénitales chez des enfants et des cancers chez des adultes, ont été causées par des produits chimiques pulvérisés sur les boisés voisins d'Oromocto, au Nouveau-Brunswick.

Les requérants réclament des dommages-intérêts punitifs, mais aucun montant n'est mentionné dans les documents déposés au tribunal. La requête contient également une liste de questions pour lesquelles ils souhaitent obtenir des réponses lors de l'audition de leur cause, notamment sur le type et les quantités de produits pulvérisés, et les dommages que ceux-ci peuvent causer.

L'armée canadienne a reconnu que de l'agent Orange et d'autres défoliants ont été testés à la base par des militaires américains en 1966 et 1967. Selon un porte-parole de la base, ces expériences ont eu lieu pendant «deux très courtes périodes de temps» et sur de très petites parcelles de terrain.

Mais les plaignants allèguent que les défendeurs n'ont jamais dit toute la vérité sur ces expériences, et que «plus d'un million de litres ont été pulvérisés entre 1956 et 1984» dans le cadre d'un programme expérimental destiné à vérifier l'efficacité des défoliants.

Un groupe de propriétaires fonciers poursuit également, pour dommages à ses terres.

Bien que l'armée canadienne minimise l'impact des tests de l'agent Orange à la base du Nouveau-Brunswick, la poursuite soutient qu'il a été dramatique. Les dioxines constituent un risque énorme pour la santé de ceux qui y sont exposés, mentionne le document. «Par suite de la pulvérisation de substances dangereuses, plus de 170 soldats sont morts et d'autres mourront plus tôt qu'ils ne l'auraient fait s'ils n'avaient pas été exposés» (à ces substances).

Le brigadier-général Ray Romses, commandant des forces terrestres de l'Atlantique depuis deux ans, s'est dit persuadé que des tests effectués sur la base démontreront qu'il n'y a pas de raison de craindre les effets des défoliants.

Bien que la toxicité de la dioxine ne soit pas en doute, ses impacts sur la santé demeurent difficiles à prouver.



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