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Agent orange: la première audience du procès (AVI, 1er Mars 2005)

New York, 1er mars (AVI) - La première séance de plaidoirie lors du procès des victimes vietnamiennes contre les fabricants américains de l'agent orange déversé pendant la guerre au Vietnam s'est achevée sans aucun résultat définitif, lundi au Tribunal de Brooklyn, à New York.

Le juge fédéral Jack Weinstein qui a félicité une des plaignants vietnamiens, Mme Phan Thi Phi Phi, pour sa présence, a levé la séance sans prendre aucune décision définitive, affirmant que davantage de temps serait nécessaire pour étudier les preuves fournies par les avocats de la partie civile et de la défense.

Au total, une cinquantaine d'avocats représentants les victimes vietnamiennes de l'agent orange/dioxine, les 37 firmes américaines de produits chimiques et les vétérans américains contaminés durant la guerre du Vietnam ont participé à cette séance qui a duré huit heures, soit une heure de plus que prévu.

Le département américain de la Justice a demandé au juge fédéral de rejeter ces plaintes déposées en 2004 au nom de millions de Vietnamiens victimes des défoliants. Ces derniers accusent ces entreprises d'avoir commis un crime contre l'humanité en produisant cette substance qui contient de la dioxine, une substance extrêmement toxique.

Les avocats des demandeurs ont présenté lors de cette séance des preuves confirmant la légitimité des plaintes des victimes de l'agent orange/dioxine du Vietnam et rejeté la requête des avocats des défendeurs d'annuler le procès. Les avocats représentant les vétérans américains victimes de l'agent orange ont avancé des preuves démontrant que les compagnies chimiques américaines ont camouflé les impacts de l'agent orange, notamment la présence de dioxine dans ce produit, et en ont fourni à l'armée américaine sous l'appellation défoliant. Pour sa part, le représentant de l'ONG le Centre des droits constitutionnels des Etats-Unis a avancé des arguments juridiques pour appuyer les plaintes des victimes vietnamiennes de l'agent orange/dioxine.

Cette séance fournit une bonne occasion aux avocats représentant les victimes vietnamiennes de présenter les plus récentes preuves, a déclaré à l'Agence vietnamienne d'information (AVI) à l'issue de la séance, l'avocat Jonathan Moore, représentant les avocats de la partie civile.

Le but consiste à obliger les compagnies américaines à reconnaître leur responsabilité au regard des conséquences de leurs produits chimiques toxiques utilisés par l'armée américaine pendant la guerre du Vietnam, a-t-il indiqué, soulignant les lourdes séquelles sur la santé des habitants et sur l'environnement du Vietnam. L'avocat Jonathan Moore a exprimé sa conviction que ce procès aboutirait à un résultat satisfaisant. Il a estimé que, de concert, avec les avocats représentant les victimes vietnamiennes, il poursuivra le procès jusqu'à son terme.

La première séance de plaidoirie a attiré l'attention des mass médias internationaux et des Vietnamiens résidant aux Etats-Unis. Plusieurs organisations américaines soutiennent le Vietnam comme "Le Fonds de réconciliation et de développemennt de l'Indochine", "La campagne de réconciliation et de secours aux victimes de l'agent orange"... Elles ont assisté à la plaidoirie, tenté de mobiliser la population et de collecter des fonds en faveur des victimes vietnamiennes.

La présence de Mme Phan Thi Phi Phi au procès a fait l'objet d'une attention particulière. Durant son séjour, elle participera à des colloques et des tables rondes, rencontrera et s'entretiendra avec certaines organisations, associations et grandes universités de quelques Etats du Nord-Est, sur les conséquences de l'agent orange au Vietnam. -AVI



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