Retour

Agent Orange: Le procès des fabricants des défoliants s'ouvre à New York

Le procès contre les compagnies chimiques américaines intenté le 30 janvier dernier par trois Vietnamiens victimes de l'Agent Orange utilisé par les troupes américaines pendant la guerre au Vietnam doit s'ouvrir jeudi à la Cour fédérale américaine à Brooklyn, dans l'Etat de New York.

Les plaignants, Mmes Phan Thi Phi Phi, Duong Quynh Hoa et M. Nguyen Van Quy, ont déclaré qu'ils ont souffert diverses maladies provoquées par l'Agent Orange, réclamant des dédommagements tant pour les victimes dont ils représentent que pour les régions vietnamiennes contaminées.

Dans ce procès, le premier du genre, le juge Jack B.Weinstein a exigé que tous les documents concernés soient transférés au bureau du procureur général américain. Il a aussi demandé au représentant de ce bureau de comparaître jeudi devant la Cour fédérale.

Le candidat démocrate à la Maison Blanche John Kerry avait raconté à Newsweek paru le 8 mars qu'il avait vu de ses propres yeux les troupes américaines larguer de l'Agent Orange pendant la guerre au Vietnam, dont lui et ses frères d'armes se rendaient compte du danger.

Entre 1961 et 1971, environ 76 millions de litres d'herbicides toxiques ont été déversés sur le Vietnam. Ses effets destructeurs viennent en grande partie de son composant principal, la dioxine, l'un des produits toxiques les plus puissants, qui perturbe les fonctions hormonales, immunitaires et reproductives de l'organisme.

Cette dioxine causerait de multiples maladies telles cancers des poumons et de la prostate, malformations congénitales, paralysies, dont sont atteints quelque 3 millions de Vietnamiens. Selon les estimations, 154.000 enfants ont subi de malformations congénitales, dont 10.000 en sont morts

Les défoliants utilisés pour détruire la forêt tropicale qui servait de camouflage ont été fournis à l'armée américaine pour l'essentiel par quelques grosses entreprises : Dow Chemical, Thompson, Diamond, Monsanto, Hercules, Uniroyal.

C'est contre ces firmes - et non contre le gouvernement américain - que plus tard, en 1984, des organisations d'anciens vétérans américains ont décidé d'entamer des poursuites judiciaires afin de réclamer et obtenir des réparations financières pour les maladies contractées à la suite de leur exposition à ce poison.

En mai 1984, juste avant le jour du procès, les firmes en accusation ont décidé d'obtenir un règlement à l'amiable, en payant 180 millions de dollars à un compte en banque qui deviendrait le fonds de compensation des anciens vétérans souffrant de la dioxine.

La Cour suprême des Etats-Unis avait déclaré le 9 juin dernier que les anciens combattants américains souffrant des maladies relatives à l'Agent Orange pouvaient poursuivre en justice les fabricants de ce produit toxique, au lieu de recevoir l'indemnité prélevée de ce fonds. - AVI