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L'amour et l'affection sont toujours là où souffrent des victimes de l'Agent Orange

Trente ans après la guerre, les conséquences de l'Agent Orange largué par les troupes américaines sur les forêts et les champs du Vietnam, et auquel sont exposés environ 2 à 4 millions d'habitants, restent toujours visibles.

Des milliers de personnes contaminées ont trouvé la mort, tandis que les autres survivants ont laissé des séquelles à leurs descendants. Handicapés, ces enfants vivent difficilement avec des maladies incurables et dans la pauvreté.

L'Agent Orange a privé les parents du droit de mettre au monde des enfants sains. Plusieurs familles comptent 4 à 5 enfants handicapés, nombre d'autres n'ont aucun enfant sain.

Leurs progénitures sont notamment frappées de la paralysie, du crétinisme (27%), de la cécité (12%), de la surdité (15%), du handicap moteur (19%) et de diverses malformations congénitales. Le nombre des enfants incapables représentent 40,8% des petites victimes de l'Agent Orange.

Plusieurs organisations philanthropiques et individus au coeur plein d'affection, y compris Nguyên Khai Hung, le directeur du Village d'amitié du Vietnam, dans la commune de Vân Canh, province de Ha Tây, sont venus au chevet des victimes de l'Agent Orange.

Malgré ses 69 ans bien sonnés, que le temps soit beau ou maussade, Hung enfile tous les jours son uniforme militaire et se rend au village, très soucieux des victimes de l'Agent Orange : les anciens combattants, les anciens engagés volontaires et leurs enfants.

"Etant un vétéran de guerre, je comprends mieux que les autres les douleurs que subissent les vétérans et leurs proches, en particulier les enfants de la deuxième et de la troisième génération des Vietnamiens victimes de l'Agent Orange", a-t-il récemment confié à l'Agence vietnamienne d'information.

"Je souhaite apporter une part modeste à rendre aux enfants les choses qui leur reviennent de droit comme tous les autres enfants normaux", a-t-il ajouté.

Avec une liste des victimes de l'Agent Orange dressée par les localités, Hung n'a pas épargné sa peine, bravant les distances pour aller accueillir les enfants malades : 200 enfants venus de 34 provinces et villes, à depuis Quang Nam (Centre) au Nord sont hôtes du Village d'amitié depuis sa création en 1998.

Hung retient le nom et la situation de tous ces enfants qu'il considère comme ses neveux et nièces, et à eux de le prendre pour leur grand-père, à l'instar de cette filette malvoyante de huit ans qui, entendant sa voix, tient sa manche pour demander d'être portée dans ses bras.

Montrant un garçon de 19 ans qui confectionne une chemise, le directeur a fait savoir que Phan Dinh Luân, venu de Quang Tri depuis l'an dernier, est né d'un père vétéran contaminé de l'Agent Orange sur le front méridional. Luân souhaite devenir couturier pour aider ses parents le jour où il rentrera au bercail

Luân qui souffre d'une anomalie au bras est cependant plus chanceux que les enfants frappés de l'insuffisance mentale, comme la jeune fille Pham Thi Hai, âgée de 22 ans, qui déchire tout ce qui tombe dans sa main, y compris les vêtements, couvertures et moustiquaires.

"Il nous faudrait beaucoup de persévérance et d'amour pour pouvoir aider les enfants handicapés, surtout ceux touchés par l'insuffisance mentale, à surmonter les difficultés dans leur vie", a souligné le septuagénaire.

Les enfants font leurs études dans les classes dans les locaux du village, certains sont amenés aux écoles primaires et secondaires dans la région afin de faciliter leur intégration sociale.

"Je pleure souvent en voyant les enfants qui sont si petits à subir tant de maladies. C'est pourquoi nous ne sentons pas la charge des travaux et trouvons que nos efforts ne sont rien par rapport à leurs handicaps", a indiqué l'institutrice Trân Thi Hông.

Le village d'amitié a bénéficié de l'assistance du Comité international des villages d'amitié de l'Allemagne, de la France, des Etats-Unis, du Japon et de la Grande-Bretagne.

Ce comité a été créé par les organisations de vétérans de guerre de ces cinq pays et du Vietnam, destiné à aider dans le cadre d'une coopération internationale à long terme les victimes de la guerre en difficulté.

"Quand nous voyons le sourire aux visages des enfants qui subissent de graves séquelles de l'Agent Orange, nous comprenons que nous devons travailler davantage, même qu'il s'agisse de plus menus travaux", a déclaré lors d'une visite au village le vice-président dudit comité, Georges Dousin.

"Le projet (de village d'amitié) traduit l'esprit de la paix, de la réconciliation, de la concorde et de l'amitié", a-t-il encore indiqué, saluant les activités efficaces du village. -AVI